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Prenons la mer avec la navigatrice Claire Pruvot

28 Mai 2018

Prenons la mer avec la navigatrice Claire Pruvot. Véritable passionnée de voile, la skippeuse calvadosienne nous a reçus sur son class 40 pour nous raconter son parcours et nous expliquer ses projets de course au large.

A quel âge as-tu commencé la voile ?

J’ai découvert la voile avec mon père quand j’avais une dizaine d’années. Vers 13-14 ans, j’ai commencé à aller à l’école de voile de Courseulles-sur-Mer et j’ai débuté la compétition vers 15-16 ans. Mes premières régates étaient sur croiseur, des bateaux de croisières aussi équipés pour la compétition.

Depuis quand fais-tu de la voile professionnelle ?

J’ai bifurqué sur la voile professionnelle en 2009. Grâce à une politique de la fédération visant à développer la voile au féminin, on a créé une équipe régionale pour des compétitions de match racing : duels entre bateaux identiques, courses très courtes, techniques et intenses. On a remporté des titres de championnes du monde et on s’est consacré dès 2009 à la préparation des Jeux Olympiques de 2012, première année où le match racing y était inscrit.

En parallèle, j’ai découvert les navigations de nuit en croisière et sur le Tour de France à la Voile. Grâce à des rencontres sur le circuit Figaro de courses au large en solitaire, j’ai pu faire beaucoup de convoyages (amener un bateau d’un point A à un point B) qui m’ont permis de développer des compétences. En 2012, j’étais remplaçante pour les JO, mais j’ai eu l’opportunité de prendre la relève sur le bateau Port de Caen-Ouistreham et de passer sur le circuit courses au large. 2012 a été une année de transition.

Que penses-tu de la place des femmes dans la voile ? Du fait qu’il y ait moins de femmes skippers notamment sur les courses au large ?

En voile légère, il existe une vraie mixité parmi les pratiquants. Mais on note une déperdition de femmes entre voile légère et course au large. Les projets de courses au large sont lourds à mener, c’est un mode de vie exigeant, on passe beaucoup de temps à chercher des budgets, le skipper devient véritablement chef d’entreprise.

On peut croire que c’est un avantage d’être une femme au niveau visibilité, que l’on va être plus sollicitée par la presse mais il y a un frein au niveau de la crédibilité et c’est compliqué de convaincre les sponsors. C’est un sentiment commun au milieu entrepreneurial en général, les femmes ont plus de barrières à l’entrée, donc il faut de la persévérance et une vraie force mentale.

En ce moment, on constate un mouvement pour « imposer » des femmes à bord, c’est le cas sur la Volvo Ocean Race, où les organisateurs ont instauré une règle qui permet aux équipages mixtes d’accueillir plus de membres à bord. Même si c’est dommage de devoir l’imposer, quasiment tous les équipages ont joué le jeu. Les femmes embarquées méritent vraiment leurs places, les retours sur ces équipages mixtes sont très positifs.

J’ai eu la chance d’être embarquée sur des équipages mixtes très tôt, et je n’ai jamais senti de barrière du fait que je sois une femme, j’ai eu ma place grâce à mes compétences et j’ai fait ce qu’il faut pour la garder.

Quels sont tes futurs projets ?

Traverser l’Atlantique et passer sur des courses plus longues. Désormais en class 40 (monocoque de 12m), mon programme de courses s’étale sur 3 ans : en 2017 la Transat Jacques Vabre (en double) mais malheureusement on n’a pas eu les budgets pour partir, en 2018 la Route du Rhum (en solitaire) et en 2019 la Transat Jacques Vabre. Cette année, je commence en double sur la Normandy Channel Race, un événement reconnu en class 40, avec des partenaires locaux : le département du Calvados et les magasins Leclerc. Une manière de montrer ce que l’on fait et de commencer à fédérer les normands sur le projet Route du Rhum 2018 (début le 4 novembre), pour lequel je cherche encore des sponsors. Ce sera une première pour moi de traverser l’atlantique en solitaire. L’idée serait de fédérer un collectif d’entreprises normandes parce qu’elles sont peu nombreuses à sponsoriser la course au large. J’ai eu la chance de rencontrer la marque Heula qui a accroché sur ce projet et qui m’a fait des visuels sympas. On va aussi déployer une campagne de financement participatif.

Que ressens-tu avant le début d’une course ?

Pendant les jours qui précèdent la course, on est très sollicité donc il faut que tout soit prêt en amont. On doit aussi réussir à trouver des temps de repos, à se créer une bulle. On commence aussi à regarder la météo, pour être préparé aux phénomènes qui vont nous toucher pendant la course. La veille du départ : le stress monte, surtout si les conditions annoncées sont musclées sur le départ, et le départ demande beaucoup d’énergie. C’est le coup de canon du départ qui libère généralement, là on est vraiment dans la course.

Quel est ton plus beau souvenir en mer ?

J’adore les moments en mer où il n’y a pas de bruit ou juste le bruit du bateau qui glisse bien, ça permet de se reposer. Et avec un lever ou un coucher de soleil en plus, c’est parfait.

D’un point de vue plus sportif, un moment m’a marqué sur ma première solitaire en Figaro. En 2013, on partait de Bordeaux pour aller au Portugal, et sur la première étape, je me suis retrouvée de nuit au Cap Finistère, une zone où le vent peut vite monter, avec des vagues immenses, avec pour seul point de repère les cadrans illuminés sur le bateau. Sur le coup je me suis demandée si ça allait passer, et au final je suis fière d’avoir réussi.

Merci à Claire d’avoir partagé sa passion pour la voile et son goût des challenges. Vous pouvez en ce moment la retrouver sur la Normandy Challenge Race et n’hésitez pas à suivre ses aventures sur sa page Facebook !

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